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Irène Hamoir

Née en 1906 à Bruxelles, Irène Hamoir s’est imposée comme une personnalité importante du surréalisme belge, sans pour autant se consacrer exclusivement à une carrière littéraire.

À dix-huit ans, elle travaille comme secrétaire dans une tannerie-teinturerie, tout en s’engageant activement dans le mouvement socialiste. Passionnée par les arts, elle suit des cours du soir en journalisme, au cours desquels elle rencontre le peintre et critique Marc Eemans. Cette rencontre s’avère déterminante et lui ouvre les portes du groupe surréaliste bruxellois. Hamoir s’intègre rapidement à ce milieu, rencontrant notamment André Souris, E. L. T. Mesens et Paul Colinet. Elle se lie particulièrement avec Louis Scutenaire, qu’elle épouse en 1930 après un séjour à Paris et un voyage en Espagne. Le couple s’installe alors à Bruxelles, rue de la Luzerne.

Parallèlement à sa carrière professionnelle – notamment à la Cour internationale de Justice puis à la Banque nationale – Irène Hamoir développe une activité littéraire et artistique de plus en plus affirmée. Elle participe à l’Exposition internationale du surréalisme de La Louvière en 1935 et collabore à plusieurs revues, dont L’Invention collective.

À l’approche de la Seconde Guerre mondiale, Hamoir et son mari quittent Bruxelles en compagnie de Magritte et de Raoul Ubac pour se réfugier à Carcassonne. Ce séjour élargit encore son réseau : elle y rencontre des figures majeures de la littérature française telles qu’André Gide, Jean Paulhan et l’éditeur Gaston Gallimard.

De retour en Belgique, sa carrière littéraire prend véritablement son essor. Elle publie en 1944 La Cuve infernale, un premier recueil de nouvelles souvent considéré comme son premier roman, puis Boulevard Jacqmain, où apparaissent de nombreux surréalistes bruxellois sous des pseudonymes. Elle entre également à la rédaction du journal Le Soir et collabore à diverses revues telles que La Terre n’est pas une Vallée de Larmes, dirigée par Marcel Mariën, Les Deux Sœurs fondée par Christian Dotremont, ou encore Le Savoir Vivre, animée par Magritte. Elle contribue aussi à Temps mêlés, revue créée par André Blavier et Jane Graverol.

Sa production poétique, marquée par un humour typiquement surréaliste, est publiée sous le pseudonyme « Irine », suggéré par Magritte, notamment dans Œuvres poétiques (1930-1945) paru en 1949. Elle rédige également des préfaces pour des catalogues d’exposition, dont celle de la rétrospective René Magritte et le surréalisme en Belgique au Musée des Beaux-Arts de Bruxelles, co-signée avec Scutenaire.

Jusqu’à la fin de sa vie, Irène Hamoir poursuit son activité d’écriture. En 1992 paraît Croquis de rue, qui rassemble ses chroniques publiées dans Le Soir. Elle s’éteint à Bruxelles le 17 mai 1994, laissant derrière elle une œuvre singulière et longtemps sous-estimée, aujourd’hui reconnue comme essentielle au surréalisme belge.

De cet auteur

Boulevard Jacqmain Irène Hamoir

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