Don Juan | Espace Nord

Don Juan

Dossier pédagogique

Par Michel de Ghelderode
Réalisé par Françoise Chatelain
Édition 2015
Pages 26
Voir le livre

Destiné en priorité au corps enseignant, ce dossier présente une analyse de "Don Juan" pour permettre aux élèves de mieux découvrir la littérature belge. Vous y trouverez des informations sur les spécificités du texte et de son auteur (résumé, contexte, biographie, prolongements bibliographiques), mais également des pistes de réflexion pour favoriser le débat en classe.

Dossier disponible en version PDF : télécharger

Découvrez nos autres dossiers via l'espace pédagogique.


f) Principales caractéristiques de son écriture

La situation linguistique de Ghelderode est paradoxale à plus d’un titre : né de parents flamands, il a été élevé dans le français, langue de la promotion sociale et n’avait pas une maîtrise suffisante de la langue paternelle pour pouvoir l’utiliser dans son œuvre. Contrairement aux œuvres de la génération précédente des écrivains flamands francophones, les pièces de Ghelderode datent d’une époque où les revendications linguistiques flamandes ont donné un certain statut au néerlandais. C’est à juste titre que Fabrice Schurmans définit ainsi sa position : « Éprouver quelques difficultés à se situer dans une Belgique en crise, être partagé entre diverses identités contradictoires, opter tantôt pour la Flandre tantôt pour la Belgique au gré des interlocuteurs et des succès, bref cumuler en soi, en état de tension permanente, l’un et son contraire. »

Pour répondre à ces difficultés, comme il s’était créé une image fictive de la Flandre, inspirée par les peintres, les archives et ses lectures, il va se créer une langue personnelle. Cette langue se caractérise par des mots et des expressions influencées par le bruxellois, l’utilisation d’archaïsmes lexicaux, syntaxiques et morphologiques, des jeux sur les niveaux de langue, un ton incantatoire, etc.

g) Impact sur le milieu littéraire

Michel de Ghelderode a écrit un théâtre en rupture avec le théâtre traditionnel, comme Crommelynck à la même époque ; leur carrière présente d’ailleurs de nombreuses similitudes. Comme l’indique Paul Aron, Ghelderode a d’abord été reconnu par le théâtre flamand, puis par l’avant-garde à Paris et en Italie, enfin par Marcel Lupovici, qui allait recréer son œuvre à Paris dans les années 1950. Il finira par obtenir davantage de succès en Europe de l’Est et en Allemagne que dans les pays francophones.

Les premières représentations des œuvres dramatiques de Ghelderode en Belgique et en France datent des années 1930 et, surtout, des années d’après-guerre, durant lesquelles les représentations de Fastes d’enfer à Paris connaissent un succès teinté de scandale, principalement dû à l’incompréhension du public. Cet enthousiasme éphémère attire toutefois l’attention du public belge. Le succès va alors s’élargir au monde entier.

Il a obtenu le Prix triennal de littérature dramatique pour Escurial en 1939 et en 1954 pour Marie la Misérable.

Auteur
Michel de Ghelderode
Auteur de quatre-vingts pièces, d’une centaine de contes et de poèmes, Michel de Ghelderode (Bruxelles, 1898-1962) a connu un immense succès auprès du public avec La Balade du Grand Macabre, Mademoiselle Jaïre et Barabbas. Ses pièces... lire la suite
Index
Des Auteurs Des titres
Facebook