Bruges-la-Morte | Espace Nord

Bruges-la-Morte

Dossier pédagogique

Par Georges Rodenbach
Réalisé par Charline Lambert
Édition 2015
Pages 21
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Destiné en priorité au corps enseignant, ce dossier présente une analyse de "Bruges-la-Morte" pour permettre aux élèves de mieux découvrir la littérature belge. Vous y trouverez des informations sur les spécificités du texte et de son auteur (résumé, contexte, biographie, prolongements bibliographiques), mais également des pistes de réflexion pour favoriser le débat en classe.

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2. Le contexte de rédaction

Rodenbach écrit Bruges-la-Morte en 1891. En février 1892, Bruges-la-Morte est d’abord publié dans Le Figaro durant dix jours, avant de paraître en volume illustré de 35 photographies en juin 1892, chez Marpon-Flammarion. Le frontispice de Bruges-la-Morte, réalisé par Fernand Khnopff, inscrit le roman au sein du mouvement symboliste : en effet, la morte représentée par Khnopff dans ce frontispice rappelle le mythe d’Ophélie, sujet typique des préraphaélites et des symbolistes. Il est par ailleurs clairement fait allusion à ce mythe dans Bruges-la-Morte. Plus largement, le roman de Rodenbach se situe dans un contexte artistique « fin de siècle » qui regroupe des artistes exploitant notamment le thème de la femme évaporée, pure et sensuelle. Citons les œuvres plastiques de Khnopff et des préraphaélites mais également les déclinaisons littéraires du mythe d’Ophélie autour du motif de la chevelure : à la suite de Baudelaire, pensons par exemple à la scène du balcon de Pelléas et Mélisande de Maeterlinck, à la nouvelle fantastique La chevelure de Maupassant, à Véra de Villiers de l'Isle-Adam et au poème « Ophélie » de Rimbaud.

Dans son mémoire consacré à la genèse du roman Bruges-la-Morte, Stéphanie Crêteur rappelle que l’évolution de l’œuvre connaît trois étapes : une publication sous la forme d’un feuilleton dans Le Figaro, une publication en roman en juin 1892 et un remaniement en une pièce de théâtre, intitulée Le Mirage, publiée en 1901 à titre posthume. À la suite de la publication du roman, si l’enthousiasme a été fulgurant à Paris et la réputation de Rodenbach assurée (elle l’était déjà depuis la publication du Règne du silence), la réception du roman en Belgique a été plus délicate : il est reproché à Rodenbach d’avoir trop sacralisé la ville de Bruges, d’en avoir montré des facettes qu’elle n’avait pas (notamment cette caractéristique de ville « morte ») afin de plaire à l’esprit français. Par ailleurs, cette œuvre n’a connu qu’un tirage limité, le grand public ayant été peu réceptif, pour trois raisons (invoquées par Jean- Pierre Bertrand et Daniel Grojnowski, spécialistes de Rodenbach) : le prix élevé du livre (dû aux clichés photographiques insérés dans le roman) ; l’« iconographie touristique » induite par la présence des photographies qui dirige et subvertit l’imaginaire du lecteur ; la prépublication en feuilleton dans Le Figaro, qui relègue le roman au rang des écrits populaires, moins bien considérés. Par la suite, Bruges-la-Morte a connu un immense succès et fait désormais partie des romans incontournables de la littérature belge.

Auteur
Georges Rodenbach
Après ses études à Gand, le Toumaisien Rodenbach s'installe en 1888 à Paris, où il avait déjà vécu un an. C'est là que l'écrivain, qui avait alors derrière lui plu sieurs recueils de poésie (La Jeunesse blanche, 1886) et un roman... lire la suite
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